Ci-après l'intervention que j'ai prononcée mercredi 18 novembre lors de la séance plénière du Congrès de l'Association des maires de France, en présence de Mme Christine Lagarde, ministre de l'Economie.
« La crise est là, au mieux à horizon de deux ans ». Voici ce que je disais, ici-même, il y a justement deux ans. L’année dernière, j’intitulais mon propos : « Finances locales : l’urgence ». Ceci est derrière nous. Nous sommes aujourd’hui devant une véritable rupture, qui est source d’une inquiétude majeure. Vous le ressentez d’ailleurs profondément : le baromètre que nous réalisons avec le groupe Caisse d’Epargne montre le fort sentiment d’inquiétude qui est le vôtre, en même temps que la perspective d’une dégradation certaine et parfois rapide des équilibres budgétaires.
Votre commission des Finances et de la fiscalité, dont je souhaite ici remercier vivement les membres pour leur présence assidue et impliquée tout au long de l’année, en a dressé elle aussi le constat, tout en émettant de nombreuses propositions au fil de l’année. Dans la mesure des informations – très limitées - dont elle disposait, elle a tenté d’analyser les réformes proposées, au premier rang desquelles, bien entendu, la suppression de la taxe professionnelle et les conditions de son remplacement. Elle l’a fait grâce au travail très important et aux compétences largement reconnues de l’équipe permanente de notre association, que je félicite et remercie en votre nom à tous.
Je souhaite également remercier de leur implication les représentants de notre association au sein des différentes structures au sein desquelles le travail est important : le Comité des finances locales (présidé par Gilles Carrez), la Commission consultative pour l’évaluation des charges transférées (présidée par Thierry Carcenac), la Commission consultative pour l’évaluation des normes (présidée par Alain Lambert), dont le premier rapport a été publié récemment et montre toute l’utilité au moins pédagogique.
Mes chers collègues, cette inquiétude qui est la vôtre, et qui se change parfois en colère lorsque des mots malheureux et blessants sont employés à notre égard, j’ai pu la mesurer, comme d’autres, à l’aune de la dizaine de déplacements auprès de vos associations départementales que j’ai effectuées ces seuls deux derniers mois.
Cette inquiétude n’est évidemment pas celle d’élus qui voudraient à tout prix préserver le confort de situations acquises. Nous avons, au contraire, deux exigences majeures :
- maintenir le niveau du service public local dans les domaines dont nous avons la charge. C’est la condition du maintien de la cohésion sociale ;
- maintenir un haut niveau d’investissement public. C’est la condition d’une bonne préparation de l’avenir.

